Archive pour décembre 2007

Lecture

Vendredi 21 décembre 2007

In Search of Memory par Eric R. Kandel, prix Nobel de Médecine en 2000, retrace sa carrière de chercheur en parallèle de sa propre vie privée.

Je me suis moi-même étonné de lire un livre en anglais sans peine, et d’être captivé du début à la fin alors que le sujet n’est pas nécessairement captivant. Ca fait du bien, je commençais à accumuler les mauvaises lectures, entre un bouquin qui ressemblait à un story board pour une copie d’Harry Potter (de la bouillie sans intérêt, du moins pour le film), et un autre de SF qui finit en queue de poisson, surement parce que l’auteur est sorti précocement de son trip au LSD.

Il y a quelques reflexions intéressantes que je me suis faites en lisant son livre. D’abord, il a de bonnes raisons de ne pas aimer la France et encore moins les parisiens. Là-dessus, je ne vais pas lui donner tort.

Ensuite, j’ai été surpris par la mobilité intellectuelle et géographique dont il a fait preuve au cours de sa carrière. Certes, il s’agit d’un prix Nobel et donc pas de n’importe quel chercheur lambda. Pour satisfaire son envie de recherche (même si sa biographie enjolive peut-être un peu trop son parcours), il a été prêt à sauter d’un laboratoire à l’autre, à rejoindre ou démarrer plusieurs entreprises, à émigrer d’un pays à l’autre.

Combien de chercheurs en France préfèrent rester scotcher au même endroit ? Combien ne sont pas prêts à changer de laboratoire, même en France ? On peut répondre que la qualité de la recherche ne dépend pas du nombre de laboratoires visités, mais quand même… Un peu d’ouverture d’esprit ne peut pas faire de mal, surtout que la recherche n’est pas un travail comme un autre, parce qu’il demande une remise en question constante. Alors, oui, je le dis franchement, j’ai les cheveux qui s’hérissent quand j’entends des chercheurs français disposer de fonds de recherches publics, qui osent encore râler de leurs conditions de travail, ou parce qu’on leur demande de tisser des liens avec le privé, ou encore de fonctionner en montant des projets à 5 ans avec des objectifs concrets. Quant à l’argument de “la recherche fondamentale ne peut pas produire de résultats”, qu’ils aillent demander à Mr Kandel, parmi les inventeurs de la biologie moléculaire du cerveau, s’il n’a pas réussi à trouver des applications concrètes à ses recherches qui semblaient à première vue bien loin de pouvoir créer des médicaments.

Peut-être qu’il faut tout simplement accepter d’avoir dans la recherche comme ailleurs, des gens “moyens” voire “mauvais”, côtoyer des gens “excellents”. La aussi, il y a peut-être du travail à faire en France, ou il est quasiment obscène de parler de rémunération au résultat, ou la seule chose qui compte est l’accumulation de diplômes (DEA, Thèse, CR, HDR), bien loin des exigences intellectuelles de la recherche.

Surprise !

Mercredi 19 décembre 2007

Bonjour ,

Nous avons le plaisir de vous informer que nous avons effectué le remboursement de la transaction bancaire correspondant aux articles que vous nous avez retournés :

XXXXXX

(Votre demande de retour référence XXXXXX)

Vous devriez pouvoir le constater très prochainement sur votre compte.

Nous espérons vous retrouver très bientôt sur Sarenza.

Cordialement,

L’équipe Sarenza



Je crois bien que j’ai gagné une paire de pompes gratos !

Histoire d’un échec personnel

Lundi 17 décembre 2007

Ca faisait un moment que ca me trottait dans la tête, mais je préférais attendre d’en avoir tiré toutes les conclusions et que mon énervement soit retombé.
En 2004, après avoir passé deux ans en CDD dans un laboratoire de recherche, je me suis mis à la recherche d’un nouvel emploi. Jeune et naïf (comme aujourd’hui encore) (qui a dit que je ne suis plus jeune ?), j’ai signé avec la SSII Coframi pour aller travailler pour Airbus sur site. Un peu plus d’un an plus tard, je posai ma démission, avec une certaine amertume.
Dans l’hypothèse improbable ou des gens liraient ce blog et iraient postuler pour Airbus dans les même conditions que je l’ai fait, ces quelques lignes pourraient être intéressantes à lire, pour rassurer, ou au contraire avertir.

Les lignes qui suivent relatent cette aventure d’une année, de la vision interne d’une petite fourmi dans la grande fourmilière Airbus.

Airbus est une grande entreprise. Pardon. Airbus est une très grande organisation. Tellement grande que chaque service se comporte comme une mini-entreprise. Chaque service a ses clients, dont les autres n’ont parfois jamais entendu parler. Chaque service utilise ses propres outils, en plus des outils que tout le monde doit utiliser. Les services sont divisés en projets, chapeautés par un chef de projet qui a parfois la charge de plusieurs projets. Une grande organisation comme beaucoup d’autres.

Pour s’organiser correctement, il faut un minimum de discipline. Notamment une gestion rigoureuse des équipes : qui travaille sur quoi ? Avec quel budget ? Quel objectif ? Quel “daide-laïne” ? Ah oui, et en anglais… tout un programme… Airbus est une organisation européenne, et pour que tout le monde se comprenne, il faut rédiger en anglais. Même un anglais qui fleure bon le Sud. Vous savez bien, cet anglais qui sent bon la lavande et le romarin, cet anglais que tous les français comprennent ? Cet anglais qui demande aux étrangers de prendre des cours pour apprendre à comprendre l’anglais des toulousains. Oui, vous voyez maintenant, c’est de cet anglais-là que je parle.

Bref, j’en étais à l’organisation rigoureuse. Avec une telle armada de personnel, sur site et hors-site, on ne peut pas se permettre d’amateurisme. Il faut que chacun travaille dans le bon sens, éliminer les particules folles, les graines de génie qui pourrait germer dans le cerveau d’un ingénieur. Pour cela, une solution, gérer l’humain au plus près, donner un périmètre à chaque tâche, afin d’éliminer tout risque de dérapage.

D’abord, il faut pouvoir gérer l’humain comme une ressource. Il faut pouvoir librement décider de ce qui est bon ou mauvais pour l’organisation, et se débarasser de ce qui n’est pas bon. Malheureusement, le droit du travail ne joue pas en faveur d’une gestion strictement financière du travail, ni le rapport au travail qu’ont les européens. Il parait qu’outre-atlantique, les travailleurs vivent très bien d’être virés du jour au lendemain. Il parait. C’est marrant, j’en suis pas convaincu, là, tout de suite.

Heureusement le droit du travail devient assez flexible quand la société en question est une grande organisation européenne sur-puissante sur la région toulousaine, et que c’est un bassin d’emploi en assez bonne forme. C’est içi que nos amies les SSII entrent en jeu. En échange de jolis chèques, ces entreprises acceptent de porter le risque lié à l’activité d’Airbus. Comprendre : de virer les gens qui seront en trop quand Airbus licenciera massivement.

Je me suis trompé : Airbus ne licencie pas. Airbus met fin au contrat qui le lie à ses sous-traitants. Ca change tout. Le sous-traitant se retrouve avec pleins d’employés dans les bras sans activité, moyennement près à changer de région, ou la région en question ne connait qu’un seul gros employeur, Airbus. Il parait qu’outre-atlantique, les gens sont plus mobiles, quelque soit le niveau d’étude. Là non-plus, je suis pas convaincu, là, tout de suite. Question à 3 cts : qu’est-ce qui se passe si toutes les SSII doivent reprendre leurs ingénieurs en même temps parce qu’Airbus a décidé de dégager du monde ?

Revenons à nos SSII. Certains les appellent “vendeurs de viande”. Je trouve l’expression injuste. L’ingénieur n’est pas un tas de viande, c’est un travailleur parfaitement capable. “Esclavagistes” serait plus approprié. Je cite wikipedia:

L’esclavage désigne les conditions sociales des esclaves, un travailleur non libre et généralement non rémunéré qui est juridiquement la propriété d’une autre personne et donc négociable, au même titre qu’un objet.

C’est ainsi que je me suis entendu dire par un commercial “Si je t’augmente, je ne pourrais plus te vendre”. Charming. Enfin, il a eu ma démission dans la tête de manière précipitée au moment ou il voulait se barrer aussi, ce qui l’a quelque peu ennuyé. Que voulez-vous, ca fait partie des petits plaisirs de l’ingénieur. Notes aux futurs employés de SSII:

  • Règle no 1 : Le commercial de SSII a plus besoin de l’ingénieur que l’inverse.
  • Règle no 2 : le commercial de SSII ne pense qu’à son chèque.
  • Règle no 3 : [AUTO-CENSURE]
  • Règle no 4 : la règle no 3 s’applique d’autant plus que le discours du commercial est mielleux. “SSII à visage humain” “Relation de confiance”, “Sens du service” sont des expressions qui doivent mettre la puce à l’oreille.

On peut toujours rétorquer : “oui, mais l’ingénieur en SSII est libre”. Hors pour obtenir un marché du travail libre, il faut une information fiable sur le travail et les rémunérations. La plupart du travail passe aujourd’hui par les SSII, qui se livrent une rude compétition. Un sou est un sou. Il ne faut pas parler des projets des clients, et encore moins des clients ! Les offres d’emploi qui sont publiées sont donc complètement bidons, et l’ingénieur doit passer des entretiens chez des clients en tant que “consultant” d’une SSII avec lequel il n’avait aucun lien 5 minutes plus tôt, et découvrir le poste à la volée. Ce n’est pas ça, la liberté de travail. Parfois, le commercial lui demande de mentir sur ses compétences, ou bidonne son CV dans son dos. Double échec : le chef de projet n’est pas content de l’ingénieur, l’ingénieur essuie un échec. Mais le commercial empoche le chèque. Un sou est un sou !

Bref, système foireux. Je me demande si avec un peu plus de flexibilité du code du travail, le marché du travail ne serait pas plus sain et dynamique. Grosse interrogation personnelle.

Retour à Airbus. Résumé de la situation : quelques chefs de projets et personnels Airbus et une floppée de sous-traitants attachés à une palanquée de SSII différentes, avec même parfois un ingénieur seul réprésentant de sa SSII sur le site !

Officiellement, c’est illégal, d’abord parce qu’il ne peut pas y avoir d’ordres directs entre un donneur d’ordre (Airbus) et un personnel appartenant à une SSII, et d’autre part parce qu’il est difficile de faire travailler des consultants (nommés “sous-traitants” par le donneur d’ordre) sur site en respectant scrupuleusement la réglementation. En pratique, ca arrange (presque) tout le monde. Les chefs de projet qui préfèrent travailler directement avec les ingénieurs, les ingénieurs qui veulent seulement faire leur travail, les SSII qui sont bien contentes de ne pas avoir à s’occuper de leur esclaves (ni bureau, ni organisation, ni risques liés à l’activité d’ingéniérie).

Parfois, l’inspection du travail se réveille, et demande de conformer à la reglémentation : mettre des étiquettes sur le bureau des sous-traitants et des cloisons pour séparer les travailleurs qui font parties de sociétés différentes. Et c’est _là_ que ca devient cocasse, et qu’il est préférable d’être sur place pour profiter d’une bonne marrade entre collègues de travail. Imaginez : Un open-space gigantesque (moins de murs = plus de monde à entasser), une myriade de sociétés différentes, des projets à cheval sur plusieurs sociétés et une nouvelle contrainte qui consiste à rajouter des mini-cloisons entre les personnes de différentes sociétés. L’open-space se transforme alors en Pac-Man humain géant, en foire incontrôlée (et incontrôlable) ou on ne sait plus qui fait quoi sur quel projet, pour quelle société, dans un vacarme assourdissant ou tout le monde parle plus fort pour s’entendre malgré les mini-cloisons. Heureusement, la charge de travail n’est pas trop violente, une bonne pause café s’impose pour rigoler de ça avant de quitter les locaux à 17h. Top-productivité.

La situation a changé après que je sois parti, et finalement les sous-traitants ont dû se déplacer dans un batiment externe. Comment la relation entre chefs de projets et ingénieurs a évolué ? Mystère…

Parlons-en de cette relation. Dans d’autres entreprises, les ingénieurs ont normalement la responsabilité d’avertir les chefs de projets des défauts potentiels sur les projets, de signaler quand la tache courante va être terminée, etc. Là, le mode de relation change pour un mode client-fournisseur. Les ingénieurs n’ont aucun avantage à prévenir quand il y a un problème, et aucun avantage non-plus à donner des idées qui pourraient réduire les couts. Avantages indéniables : il y a plus de monde qui travaille et tous les chefs de projets Airbus sont persuadés d’avoir fait les bons choix. Inconvénient : Airbus paie beaucoup plus cher pour le même travail, et paye parfois pour du travail inutile et/ou mal fait. Les décisions sont prises à contre-courant de la logique (”Not Invented Here” est élévé au rang de doctrine), avec des études préalables succintes, et j’en passe et des meilleures. Pour ceux qui pensent qu’une communication sincère entre les individus qui travaillent sur les mêmes problèmes est absolument nécessaire, ca fait un choc. Anecdote amusante : une jeune ingénieur vient demander à la pause café à un collègue s’il a déjà travaillé avec une bibliothèque Java XYZ pour résoudre un problème ABC. Réponse: “oui, pendant un stage il y a longtemps, ca marchait pas trop mal”. Cette personne repart en répondant que son projet allait utiliser cette bibliothèque, sans autre forme d’étude. Voilà comment on trouve à occuper 20 ingénieurs pendant 10 ans. On pourrait rajouter à cela que les différentes SSII demandent aux ingénieurs d’aller à la pêche aux informations auprès des chefs de projets pour savoir si il y a des besoins pariculiers, ou que les ingénieurs entre eux ne jouent pas toujours le jeu du partage d’informations s’ils appartiennent à des SSII différentes. Un vrai panier de crabes !

J’aimerai quand même donner une note positive à tout ça, pour éviter de noircir le tableau à outrance. Tout d’abord, la charge de travail et les conditions de travail sont tout de même très bonnes. Ensuite, pour quelqu’un cherchant un emploi bien délimité qui ne demande pas trop de responsabilité ni d’implication personnelle, être sous-traitant chez Airbus est un très bon plan.

Enfin, pour finir, malgré tous les travers que je viens de décrire, il y a un fait : Airbus produit des avions de qualité et est compétitif sur le marché aéronautique. Une petite citation d’un ami, cadre chez Airbus:

“Mais comment ils font chez Boeing pour être plus mauvais que nous ?”
A méditer…

Bientôt la fin ?

Jeudi 13 décembre 2007

Cher Monsieur Avila,

Nous avons tenté de vous joindre au numéro que vous nous avez communiqué, mais sans succès.
Nous vous informons que nous avons repassé commande pour vous de l’article que vous n’avez pas reçu.
Nous avons fait une demande de livraison par Chronopost (nous vous offrons les frais). Votre colis vous sera livré le 14 décembre entre 8h et 13h.
Nous vous présentons une nouvelle fois nos excuses pour le désagrément occasionné.

Nous restons à votre disposition pour vous fournir tous renseignements complémentaires utiles.

A très bientôt sur notre site !

L’équipe Sarenza

 

 

 

Que vais-je recevoir demain ? Un aspirateur ? Une voile ? Des chocolats ? Suspens ….

 

 

Réchauffeur de carburant

Mardi 11 décembre 2007

Tout nouveau, tout beau, j’ai reçu mon kit réchauffeur de carburant à installer en entrée de la pompe à gasoil.

La notice est assez sommaire, ca s’adresse à un public d’initiés en mécanique et électricité. Heureusement, j’ai dans mes relations un électricien sénior, ayant un formation initiale de diéséliste, qui se fera un plaisir (hum, hum) de m’aider en retour des nombreuses heures passées à déplanter^Wdépanner son ordinateur.

Wait and See

Lundi 10 décembre 2007

Cher Monsieur Avila,

Nous vous présentons nos excuses pour le désagrément occasionné.
Notre Prestataire Logistique “AXELIS” s’est trompé de colis et vous a expédié celui d’une autre personne.
Nous l’avons contactés afin de lui demander de récupérer votre colis et de vous le réexpédier. Nous vous informerons dans les meilleurs délais.

Nous restons à votre disposition pour vous fournir tous renseignements complémentaires utiles.

A très bientôt sur notre site ! 

L’équipe Sarenza

Nouveau client déjà déçu ?

Dimanche 9 décembre 2007

Bonjour,

Attiré par la publicité faite à votre site sur France 2, j’ai voulu essayer le numéro 1 de la chaussure sur Internet. Après 2 plantages de votre site au moment de confirmer mon achat, j’ai réussi à valider ma commande. (numéro de commande : XXXXXX). Quelques jours plus tard, je reçois effectivement un colis à mon nom. Du moins, mon nom était sur une première étiquette au dessus de la boite. Je déballe, et là, surprise, je me retrouve avec un téléphone “Glossy Temptation” rouge et un forfait “NRJ Mobile”…. Je ne crois pas avoir commandé cela, et me pieds sont trop gros pour rentrer dans un téléphone. Et pour cause ! Il s’agissait en fait d’un colis livré à quelqu’un d’autre, dont le nom apparaissait sur un 2nde étiquette collé sur le côté de la boite. Votre société de logistique, “Axelys”, a apparemment traité mon colis avec ses pieds (pour le malheur de mes propres pieds).
J’ai rappelé La Poste pour leur dire de revenir chercher le colis, après avoir effectué une photocopie des étiquettes (on n’est jamais trop prudent), et vous avez donc dû recevoir le fameux téléphne, si un agent intermédiaire (La Poste, Axelys, ou autre), ne s’est pas servi dans la boite.
Ai-je encore un esport de recevoir mes chaussures ? Si oui, j’aimerai connaitre le délai, et si non, j’aimerai être remboursé.


Mathieu Avila

P.S : Notez que pendant ce temps-là, un monsieur dans le département du Doubs (25) attend avec impatience un téléphone portable dernière génération “Glossy Tempation”. J’espère pour sa propre santé mentale qu’il n’aura pas reçu mes chaussures et essayé de téléphoner avec. Problème qu’il vous revient de régler avec Axelys et ce monsieur, vous en conviendrez.