Archive pour mai 2009

L’heure du coming-out

Lundi 25 mai 2009

Voilà, ca trainait dans ma tête depuis quelques semaines déjà.

Une impression de “pas-fini”, un manque, la sensation étrange de vouloir prendre de la hauteur pour gouter à autre chose.

Un premier essai au Cap Vert…

J’ai plongé….

J’ai 2 superbes Waroo de 9m2 et 12m2 dans ma chambre, je ne les quitte plus des yeux.

Alors pour ceux qui “n’en sont pas”, kézako une Waroo ? (c’est féminin, comme tous les machins instables qu’on regarde gigoter dans tous les sens)

Une Waroo, c’est ça:

Vu de dessous, ça donne:

Pour l’instant, c’est pour moi le compagnon idéal de la planche: ça marche bien et sans danger dans les petites plages de vent (force 3-4), avant de laisser la place à la planche qui devient très agréable et sans danger dans les plages de vent fort, comme la tramontane les 3/4 de l’année, jusqu’à force 9…

Du coup, j’ai profité de ce WE pour me débarasser du gros matériel de planche: voile de 7 et 11 m2, planche de 135L font maintenant partie de mon passé windsurfesque.

Fini la planche ? Non ! Mais il faut bien avouer: transporter une aile qui tient dans un sac à dos et une planche de kite

dans une voiture est nettement plus facile qu’une planche de 135L et une voile de 11m2 sur le toit. En-dessous de 6m2 de voile, ça rentre à l’arrière dans la voiture. Au-delà, y’a pas moyen…

D’ailleurs, alors qu’en planche la norme des pratiquants en terme de véhicule est plutôt le “van aménagé” style retraité hippie sur le retour, en kite, c’est plutôt Twingo en couple. Tout un choix de vie.

Et la sécurité dans tout ça ? Bah oui, des gens se tuent encore trop fréquemment en kite. C’est vrai. J’ai tenté de rassurer mon entourage. Après une dizaine d’heures de cours, je peux le dire: c’est vraiment dangereux, on ne doit pas faire n’importe quoi. Le fait d’être constamment attaché, d’avoir 30m de lignes, une aile qui tire vers le haut même quand on n’avance pas, tout cela sont des facteurs de danger. J’ai pu tester: me faire sortir de l’eau à 1m de haut malgré mes 85kg est … surprenant.

Une aile est comme un parapente alors qu’une voile de planche est comme une voile sur un bateau. D’ailleurs, l’association de kite de France est affiliée à la fédération française de vol libre alors que celle de Funboard est rattachée à la Fédération Francaise de Voile: un signe ?

Plusieurs faits:

  1. Il faut prendre des cours. On n’essaie pas ça à l’arrache après un diner entre amis.
  2. Il FAUT prendre des cours. Point Barre. Clair ?
  3. Il ne faut pas rester sur la plage si ce n’est pas nécessaire: 80% des accidents arrivent sur la plage.
  4. Il ne faut pas de matériel plus vieux que 2006, 2007: les systèmes de “depower” (lacher la puissance en poussant la barre), n’étaient pas assez bien développés. La Waroo est la première aile réputée pour avoir eu un depower complet, et en effet, on perd facilement tout la traction pour retomber :-)
  5. Il ne faut pas négliger l’équipement de sécurité: largueur, leash de planche, d’aile. A ce propos, il me manque toujours un gilet de flottaison (!!!), oops.
  6. Il faut payer pour de la surveillance quand on va en mer. Pour l’instant je pratique sur étang ou j’ai pied partout…mais plus tard…

Je remplis à peu près toutes les conditions, le moniteur m’a fait confiance pour me lâcher dans la nature, j’ai déjà connu ma première galère sans danger (système de sécurité de largage d’aile qui se déclenche tout seul, puis aile et lignes qui tombent dans les algues), pour supposer que ca devrait bien se passer.

Friteuse 19 version 2.0

Dimanche 10 mai 2009

J’avais écrit içi en novembre dernier sur mon montage bi-carburation.

L’hiver est arrivé, la température est descendue, et j’ai pu constater que mon réchauffeur électrique ne suffisait pas à maintenir une température de 70+ °C.  Comme je n’allais pas mettre plusieurs réchauffeurs (300W, ça commence à faire beaucoup), j’ai décidé de franchir le cap et de rajouter un échangeur thermique entre le carburant et le liquide de refroidissement.

La solution a consisté à dériver le circuit LDR qui sert à réchauffer le filtre à gasoil. Pour cela, direction Leroy Merlin au rayon plomberie, puis la casse pour trouver des bouts de durite à LDR ! L’échangeur thermique provient d’un magasin dédié au roulage à l’huile. Et voilà le résultat:

derivation_LDR_moteur

On ne voit pas l’échangeur thermique sur la photo; cette partie du moteur est maintenant très encombrée, j’ai été obligé de le fixer plus bas, en-dessous du filtre à gasoil. Il a cette tête-là:

4 voies: 2 pour le carburant, 2 pour le LDR, les 2 liquides doivent circuler en sens opposés. Ca a été un vrai casse-tête pour caser ça dans le compartiment moteur !

Sans le réchauffeur électrique, ca monte tout seul à 70° en ville, et 60° sur autoroute. Je suppose que les différences de refroidissement et de débits entre ces 2 modes d’utilisation y sont pour quelque chose. Les calories restantes pour atteindre les 75-80°C sont apportées par le réchauffeur électrique, qui régule assez bien pour éviter de passer à plus de 90° (pour des raisons de sécurité).

Au passage, mes 2 électrovannes (avant injection et après moteur) étant couplées, j’avais peur que trop d’huile passent dans le réservoir à gasoil. J’ai donc installé un relais temporisé sur l’électrovanne de sortie, afin de mettre une pause de 50s avant que cette dernière ne se déclenche. Cela permet de savoir si la purge de la pompe d’injection est faite. Un voyant supplémentaire dans l’habitacle, (du côté de l’indicateur de température) permet de connaitre l’état de l’électrovanne de sortie. (c’est le bidule vert)

indicateur habitacle

Malgré cela, j’ai quand même l’impression que de l’huile reste “emprisonnée” dans l’injection, et il arrive que le moteur tousse au démarrage à froid quand le pourcentage d’huile est élevé ou après avoir roulé longtemps à l’huile et avoir purgé moins longtemps.

100 % ! J’ai ainsi roulé à 100% à l’huile de friture une partie de l’hiver sur les longs trajets. Hormis l’odeur, il y a d’autres effets remarquables. Lors du débrayage par exemple, la pompe ne revient pas se coller à 750 tr/min immédiatement, elle fait un petit passage à 600 tr/min avant de revenir à 750. Ce n’est pas gênant pour la conduite, juste un peu surprenant. Le bruit aussi: l’huile décale le point éclair, du coup le moteur fait un bruit un peu plus aigü. Sur les pompes Bosch, on peut retarer les injecteurs pour rattraper ça (et mieux pulvériser l’huile aussi), mais l’opération est déconseillée avec les Lucas, jugées trop fragiles.

J’ai également la sensation de consommer moins. Je n’ai pas de chiffres, il faudrait que je fasse une mesure. Par exemple, pour un aller-retour Colomiers-Leucate, j’ai consommé un peu plus qu’un demi-plein (avec vent de face à l’aller !), alors que c’était plus avant. Encore une fois, il faut faire une mesure. Il est possible que ce soit un effet du réchauffage du carburant car cela offre une meilleure combustion. A noter qu’il ne faut pas le faire avec du gasoil pur, car il perd ses propriétés lubrifiantes à partir de 60° !

Tout le monde innove !

Dimanche 10 mai 2009

Quand l’innovation en tant qu’argument de vente touche tous les domaines…

C’est le constat auquel je suis arrivé en lisant les brochures commerciales des fabricants de matériel de planche à voile. Celui qui frappe le plus fort: North Sails.

Les markettoïds s’y sont donnés à coeur-joie: des noms qui fracassent, et qui ne sont pas sans rappeler une marque de matériel informatique “la nouvelle tête iFront révolutionne le wishbone”, “4 patents pending”…

Toutes les innovations touchant les voiles ont été markettoïdisées: “AUTO.CLOSE”, “ULTRA.CLEAN.ROPE.STORAGE”, “HYPER.CAM”, “DURA.LUFF.PATCH”, etc, etc, etc…

Les autres ne se laissent pas faire. Ainsi, RRD qui déclame dans une page de pub “Test is the ‘&’ between research & development”. Si ! Même en funboard, on fait du test continu !

La planche n’est décidément plus une petit ilot de tranquillité entre petits vieux à la retraite.

Un petit rappel: Innovation (wikipedia)

Une innovation se distingue d’une invention ou d’une découverte dans la mesure où elle s’inscrit dans une perspective applicative.

C’est donc bien d’innovation dont il s’agit.